Humeur : Neutre
Musique : /
Lundi ça n’allait pas, vraiment pas, j’avais envie de tout plaquer pour aller le voir, de Lui parler, de Lui demander, parce que je voulais savoir, parce que j’étais trop triste et que je refusais d’être triste comme ça trop longtemps, parce que je ne supportais pas l’idée de n’être rien ni la possibilité de m’y enfoncer.
Aujourd’hui j’ai l’impression que ça ne compte plus tellement.
Tu avais raison, on est vite Samedi. Dans deux jours je devrais le mettre entre parenthèses pendant 1 mois et demi et peut-être même plus, et si cette perspective m’attristait Lundi, aujourd’hui…ça va.
J’y pense quand même, mais je ne me sens plus aussi mal que Lundi, ou même Mardi (quand j’étais un espèce de fantôme à la mine déconfite…). Et ça me désarçonne un peu cet état “post-traumatique” (j’exagère le mot), pourquoi j’ai l’impression… de m’en foutre ?
Est-ce que c’est juste que j’ai été occupée et que du coup j’ai moins d’occasions d’y penser ? Est-ce que c’est un état normal de transition ou tampon et que ça va finalement me revenir dans la gueule sans que je m’y attende ? Est-ce qu’en fait c’est juste parce que j’en ai fais une histoire pas possible alors que bon j’y étais pas si attachée ?
Je sais pas.
Je sais pas je sais pas je sais pas.
Je n’arrive pas à déterminer ce que je veux ni ce que je ressens ni…
Je sais ce que je ne veux pas. Vous me direz “c’est déjà ça”, mais ça ne suffit pas. Je ne veux pas ne rien représenter à ses yeux, je ne veux pas qu’il m’oublie complètement une fois là-bas, et je ne veux pas qu’en rentrant rien ne se passe non plus…
Je sais aussi ce que j’aurais voulu qu’il se passe, avant. J’aurais voulu me blottir dans ses bras une dernière fois avant nos vacances, discuter tranquillement avec Lui de ce qui me tracassait, pour partir zen, pour ne plus me prendre la tête, et selon la situation l’attendre ou faire le deuil d’une relation qui n’a pas commencée…
Mais là rien de tout ça. Je ne suis pas zen, je me prends la tête, je me pose pleins de questions et je suis triste (quand même). Ça ne va pas du tout.
Je cherche un prétexte pour l’appeler, envoyer un sms, mais je n’ai pas envie de passer pour la chiante collante qu’on évite… Sauf que ça me saoule de devoir chercher un prétexte, pourquoi j’ai besoin d’un prétexte ? J’ai envie de pouvoir l’appeler comme ça quand j’en ai envie sans avoir peur qu’il soit froid au téléphone ou qu’il cherche à raccrocher à la première occasion. Mais j’ai tellement peur…
Et j’ai aussi tellement l’impression qu’il est trop tard. Il s’en va Samedi après tout, à quoi ça servira de discuter de tout ça ? On ne va pas se voir pendant tellement longtemps, ça va juste nous prendre la tête, nous préoccuper…
Moi au moins ça mettra un terme à mes interrogations. Je serais fixée. Mais s’il se moque de moi ? S’il m’esquive ? Si je sens que ça le saoule ? S’il est méchant ? Parce qu’il peut tout à fait l’être. Parce que quoi ? C’est arrivé que deux fois au final. Après ça a plus été moi qui l’ai cherché que Lui, j’avais même l’impression qu’il m’évitait, alors je m’attends à quoi ?
C’est stupide stupide stupide de chercher à savoir une vérité qui me fera du mal, j’en suis sûre, je préfère ne pas savoir et espérer garder une relation à peu près normale avec Lui, que de savoir et de lui en vouloir de s’être joué de moi et de l’éviter au futur… Mais quelle attitude de faible…Dé-ses-pé-rant !
Il faut que je sorte de cette stratégie d’évitement. Mais à chaque fois que je m’en convainc, je me retrouve incapable d’en changer, presque paralysée.
Au fond de moi je sens que j’ai toujours autant envie d’être à ses côtés, je sais que si je le vois je ressentirais ce petit vertige lié aux gens qu’on apprécie tout particulièrement, même si j’entends sa voix (qui est… terriblement chaleureuse… hum), mais la perspective de ne pas le voir si longtemps ne me rends plus triste. Je sais, cependant, que dans mes moments de solitudes en Chine (ça va forcément m’arriver) je vais sûrement penser à Lui et être triste de ne pas pouvoir le contacter et savoir comment il va. Je sais aussi que quand il sera rentré et moi encore là-bas ça va sûrement me miner le moral de me dire que je pourrais le voir mais que je ne peux pas.
Mais là, maintenant, tout de suite, il ne me manque pas. Sûrement aussi parce qu’il est encore joignable et en France.
Là est le hic. Je suis tranquille pour le moment, mais le serais-je encore Samedi quand il partira, et Dimanche, et Lundi ? Quand je ne pourrais plus, à mon grand dam, l’appeler. J’ai aussi un peu peur de rater le “coup de fil de la dernière chance” du coup, et de reporter une confrontation qui aura encore moins de chances de se passer qu’aujourd’hui. C’est dire.
Alors qu’est-ce que je dois faire ?!
Je me retrouve 4 ans en arrière, une situation presque similaire… même personne, même départ, même sentiments ? Je ne sais pas. Même interrogations ? Non, je m’étais dévoilée avant qu’il ne s’en aille, on était aussi plus proches qu’aujourd’hui, c’est triste, mais ça m’a desservie. La situation n’est pas exactement la même pour moi parce que je pars aussi, que je n’ai personne pour me soutenir là-bas si ça ne va pas, et que c’est pas à mon père que je vais me confier… J’ai peur parce qu’on apprend de son passé, et je me rappelle bien comment ça c’était déroulé. Il savait, il ne m’a rien dit, donc j’étais dans l’attente de le revoir et je me disais qu’il y aurait peut-être une suite favorable, mais il a juste pas eu les couilles de me dire qu’il pensais à une autre même avant son départ, vers qui il s’est précipité en rentrant pour me laisser derrière déçue, trahie, je l’avais détesté pour son attitude, et je lui en veux encore.
Alors est-ce qu’il a grandit depuis ?
J’ai pas spécialement envie de revivre tout ça. Je suis prudente. Ça explique peut-être aussi ce sentiment de détachement, parce que j’ai l’intime conviction ancrée au fond de moi-même que ça ne mènera à rien et que je vais juste me brûler les ailes encore une fois ? Souffrir inutilement…
Autant laisser couler ?
Je sais pas.