Humeur : Correcte
Musique : /
Je savais qu’entre ma culture et la culture chinoise il y avait un fossé, tout autant que je savais qu’il y en avait un entre ma culture et la culture japonaise. Mais j’étais pas préparée à l’ampleur du fossé…
Surtout que je n’ai pas de chances de ce point de vue, ma première expérience en Chine est à Shenzhen pour le week-end et Kengzi la semaine, et même si l’une est immense et super développée économiquement parlant et l’autre n’est qu’un bled qui héberge des gens qui travaillent mais ne vivent pas, et ben les chinois que j’y rencontre, que je vois, c’est les mêmes.
Alors que Shenzhen est une ville qui arrive parfois à me faire penser à New-York ou au quartier de Shimbashi à Tokyo pour son gigantisme, j’ai aussi parfois l’impression de me promener dans une pauvre ville au fin fonds de la campagne… Shenzhen est en face de Hong-Kong, qui est très touristique, très vivante et où, je pense, il y a beaucoup d’étrangers qui passent… Mais à Shenzhen on dirait que les étrangers sont encore une espèce rare qui mérite qu’on les regarde sans retenue comme si c’était la première et dernière fois qu’on les voyait. Le phénomène est pire à Kengzi, avec mon père on se promenait hier soir dans la ville, j’étais au téléphone avec ma mère, et presque tous ces putains de passants nous ont dévisagés comme si… on était pas normaux ! Pour une française comme moi qui a un peu l’expérience du voyage, c’est la première fois que ça m’arrive, ou tout du moins que ça m’étonne et m’énerve –il faut le dire- autant. Le Japon est aussi réputé pour ce genre de regards, mais limite ça ne m’avait pas effleurée, enfin peut-être que les japonais le font plus discrètement… sûrement même, je pense qu’ils seraient honteux qu’ils croisent notre regard s’ils étaient en train de nous observer. Mais je crois que j’oublierais pas hier matin le couple qui est passé devant l’hôtel quand on attendait notre navette, ils nous ont regardés, direct, sans retenue aucune, en poussant le vice jusqu’à tourner la tête quand ils nous avaient trop dépassés (parce qu’ils ne se sont quand même pas arrêtés, encore heureux). J’avais envie de leur crier un « Kesstuveuuux ?!! Tourne ta tête ! Tourne ta tête ou jte marave ! » à la Razigue (souvenir de lycée)(surtout à la fille).
Un autre truc que je ne comprends pas et qui m’horripile avec les chinois, c’est leur façon de commercer. Limite le commerce pour eux dans la vie c’est tout, c’est faire du fric dans le sens le plus méprisant qui soit, et comme ils sont nombreux c’est une putain de course et une putain de compétition d’acharnés. Donc dès que tu t’approches, mais même à 10m, d’une échoppe de n’importe quel produit que ce soit (parce que ça fonctionne encore à la turque la chine, des boutiques spécialisées, mais trèèèèès spécialisées…), ils te sautent dessus comme des vampires. « Nihaaaaaao ! Hello !!! Take a look ! Very beautiful ! Helloooo » (et ils répètent tous cette même réplique, limite ils l’ont apprise à l’école) : NAN. Moi je suis une européenne, supérieure à vous pauvres jaunes et je sais décider seule ce que je regarde, ce que je veux acheter, et si je ne regarde pas c’est parce que ça ne m’intéresse pas !
Bon j’exagère un peu le volet « européenne supérieure », je n’ai pas cet ego là, mais j’aime faire mes courses tran-qui-le-ment, en France c’est que quand les vendeuses te voient tourner trop longtemps qu’elles viennent te demander si tu as besoin d’aide (enfin dans les bons magasins, mais de toute façon je les envoie toujours chier). Là le seul résultat de ce genre de tactique, tout du moins sur l’étranger, … tout du moins sur moi (je suis peut-être qu’un cas ?)(naaan c’est pas possible), c’est que je veux pas rentrer dans ce foutu magasin, je veux même m’enfuir, alors le plus loin possible de cette fièvre chinoise qui veut te pousser à la consommation juste dans la logique de faire du fric pour faire du fric.